samedi 10 janvier 2015

Une escalade dangereuse contre la démocratie.


Le MRAP, qui s’est déclaré horrifié par l’attentat contre Charlie Hebdo, dénonce la spirale de la violence et de la déraison à laquelle on assiste aujourd’hui en France :
- à Dammartin en Goële (77), c’est depuis tôt ce matin une prise d’otages dans une petite entreprise), par les tueurs des journalistes de Charlie-Hebdo,
- à la Porte de Vincennes, c’est une fusillade dans un magasin casher, plus que probablement par le « tueur de Montrouge », celui qui aurait donné la mort à une très jeune policière stagiaire le jour du premier carnage. Le MRAP tient à saluer la mémoire de cette jeune femme d'origine martiniquaise et exprimer à sa famille sa profonde sympathie.
En outre, des coups de feu ont été tirés contre une mosquée dans la banlieue d’Albi (Tarn), ainsi qu'à Villefranche sur Saône, tout comme dans l’Aude et au Mans où ont été visés des lieux de culte musulman. Une explosion s’est également produite dans un snack mitoyen d'une mosquée.
Tous ces actes constituent des crimes contre la République, contre la démocratie, contre le vivre ensemble.
Le MRAP condamne avec force ces actes barbares et ces manifestations de racisme, qu'elles visent des Juifs ou des Musulmans et met solennellement en garde contre toute stigmatisation.
Il appelle tous les citoyens qui refusent cet engrenage à participer massivement à la marche républicaine à Paris le 11 janvier, et à toutes initiatives semblables qui se dérouleront dans toutes les régions, pendant le week-end et au-delà.
Paris, le 9 janvier 2015.

mardi 2 décembre 2014

VIE DE FEMMES

Rosa Parks, la femme qui s’est tenue debout en restant assise

by Sophie B
Le 1er décembre 1955, Rosa Parks, une couturière de l’Alabama dit "Non". Elle est arrêtée et mise à l’amende parce qu’elle refuse de changer de place et d’aller s’asseoir au fond du bus. En contestant cette amende, Rosa ne se doutait certainement pas qu’elle déclencherait un vaste mouvement de protestation aux États-Unis contre les lois ségrégationnistes. Dès le lendemain de son emprisonnement, les Noirs boycottent la compagnie de bus. Le mouvement formule trois ­revendications immédiates : la liberté pour les Noirs comme pour les Blancs de s’asseoir où ils veulent dans les autobus ; la courtoisie des chauffeurs à l’égard de tout le monde ; ­l’embauche de chauffeurs noirs.
Le 4 juin 1956, la Cour fédérale de district condamne les règles ségrégationnistes en vigueur dans les transports. Le maire de Montgomery se tourne vers la Cour suprême. Le 13 novembre, la plus haute juridiction du pays confirme ­l’inconstitutionnalité de cette pratique ­ségrégationniste.
Rosa Parks a gagné. D’un "Non", elle a embrasé la poudre dormante des consciences.
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Il y a moins de 60 ans, les premières rangées de bus étaient réservées aux Blancs dans certains États américains Comme certains réfléchissent aujourd'hui à des wagons spécifiques pour les "femmes". Remarquez, on a déjà les compartiments 1ère et 2ème classes, pour riches et plus modestes. Rosa Park, cumule les trois oppressions, parce que née femme, née noire et née pauvre.
Pour la petite histoire, aucun blanc ne lui a en réalité, demandé sa place. La loi ségrégationniste était pire : elle ne pouvait pas s'asseoir dans une rangée de sièges où un blanc décidait de s'asseoir aussi. C'était le cas. Elle avait alors refusé de se lever.  C'est ce pourquoi sur cette fameuse photo est cadré un homme blanc assis juste derrière elle, pour montrer justement pourquoi elle était dans l'illégalité, et pourquoi c'était si absurde.
Voici ce qu’elle en a dit : « D’abord, j’avais travaillé dur toute la journée. J’étais vraiment fatiguée après cette journée de travail. Mon travail, c’est de fabriquer les vêtements que portent les Blancs. Ça ne m’est pas venu comme ça à l’esprit, mais c’est ce que je voulais savoir : quand et comment pourrait-on affirmer nos droits en tant qu’êtres humains ? Ce qui s’est passé, c’est que le chauffeur m’a demandé quelque chose et que je n’ai pas eu envie de lui obéir. Il a appelé un policier et j’ai été arrêtée et emprisonnée. »
A l’annonce de son décès à son enterrement, les premières places des bus de ­Montgomery restèrent vacantes. On y trouvait une photo 
de Rosa entourée d’un ruban et cette ­inscription : « La société de bus RTA rend hommage à la femme qui s’est tenue debout en restant assise. »